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Le bambou séduit au premier coup d’œil : croissance rapide, feuillage persistant, tige élégante qui ondule au vent. Mais il faut savoir ce qu’on fait avant d’en planter un pied. Sans précaution, certaines espèces colonisent un jardin entier en trois ans et deviennent un cauchemar à gérer. Avec les bons gestes dès le départ, c’est au contraire l’un des végétaux les plus gratifiants du jardin.
Quel type de bambou pour un brise-vue ?
C’est la question la plus importante, et celle qu’on ne pose pas assez souvent en jardinerie.
Les bambous traçants (genres Phyllostachys, Pseudosasa, Pleioblastus…) envoient des rhizomes horizontaux qui peuvent parcourir 3 à 5 mètres par an en terrain favorable. Ils s’étendent de façon souterraine, surgissent dans les plates-bandes voisines, sous les terrasses, parfois près des fondations. Leur avantage : ils forment très rapidement une haie dense et homogène, avec des tiges pouvant atteindre 5 à 15 mètres selon l’espèce et le climat.
Les bambous touffants (genres Fargesia, Chusquea…) forment une touffe compacte qui grossit lentement à partir du centre. Pas de rhizome envahissant. La Fargesia est l’espèce touffante la plus répandue et la mieux adaptée aux jardins de taille modeste. Croissance plus lente, mais aucun risque de débordement.
La règle simple : près d’une limite de propriété, d’une terrasse ou d’une façade, choisissez systématiquement un bambou touffant. Pour une haie en fond de grand jardin, un bambou traçant est envisageable à condition d’installer une barrière anti-rhizomes. Pour un effet encore plus naturel en bordure de propriété, combiner bambou et cerisier pour haie naturelle apporte à la fois un feuillage persistant toute l’année et une floraison spectaculaire au printemps.
Comment planter des bambous sans être envahi ?
La réponse tient en un mot : la barrière anti-rhizomes. C’est une bande de polyéthylène haute densité de 60 à 70 cm de largeur que l’on enterre verticalement tout autour de la zone de plantation, les bords dépassant légèrement du sol. Elle se coupe avec des ciseaux, se soudé avec un film adhésif spécial. Sans elle, une espèce traçante vous appartient, avec elle, vous lui appartenerez.
Mon angle On a planté une haie de Phyllostachys le long d’un grillage sans barrière anti-rhizomes. Trois ans plus tard, les tiges poussaient dans la pelouse voisine à 2 mètres de là. Il a fallu tout arracher. La barrière n’est pas un luxe – c’est une nécessité pour les espèces traçantes.
Quelle profondeur pour planter un bambou ?
Le bambou se plante avec le dessus de la motte à 2 à 3 cm sous le niveau du sol. Le trou doit être deux fois plus large et une fois et demie plus profond que la motte.
Voici la méthode complète :
- Arrosez abondamment le plant en pot la veille pour que le substrat soit bien humide.
- Si vous plantez un bambou traçant, installez la barrière anti-rhizomes avant de creuser.
- Creusez le trou, amandez le fond avec 2 à 3 pelletées de compost mûr mélangé à la terre extraite.
- Placez le plant, dessus de motte à 2-3 cm sous le niveau du sol.
- Comblez avec le mélange terre-compost en tassant par couches.
- Formez une cuvette autour du pied pour retenir l’eau.
- Arrosez copieusement (10 à 15 litres par plant).
- Appliquez un paillis épais de 8 à 10 cm (paille, écorces de pin) pour maintenir l’humidité et protéger les rhizomes du gel.
Pour un brise-vue, l’espacement entre plants est de 50 cm à 1 m selon l’espèce. Les grandes espèces traçantes comblent rapidement les intervalles ; les Fargesia plus lentes méritent un espacement de 80 à 100 cm.
Est-il possible de planter des bambous en pleine terre ?
Oui, sans restriction, à condition de choisir l’espèce adaptée au contexte (cf. ci-dessus) et au climat. La plupart des Fargesia et des Phyllostachys courants sont rustiques jusqu’à -15 à -20°C. Certaines variétés tropicales ou semi-tropicales (Bambusa) ne résistent pas au-dessous de -5°C et sont à réserver aux régions méridionales ou à la culture en bac rentré l’hiver.
Pour créer un véritable coin exotique, pensez à associer le bambou à un bananier exotique dans un espace protégé du vent : les deux plantes apprécient des conditions similaires (sol frais, lumière, chaleur en été).
La meilleure période pour planter du bambou en pleine terre est la fin de l’été ou le début de l’automne (mi-août à fin septembre) : le sol est encore chaud, ce qui favorise la reprise des racines avant l’hiver. Le printemps (mars à mai) est aussi acceptable, mais l’arrosage sera plus exigeant pendant les mois chauds qui suivent.
Entretien d’une haie de bambous
Une fois installée, une haie de bambous demande peu de soins.
Éclaircissage : chaque printemps, coupez au sécateur ou à la scie les tiges les plus vieilles (brunes, sans vigueur) au ras du sol. Le bambou ne repart pas du point de coupe, mais produit de nouvelles tiges depuis le pied.
Contrôle des rhizomes (pour les traçants) : chaque automne, passez une bêche verticalement sur le périmètre pour sectionner les rhizomes sortants. Pour contenir les rhizomes avec un grillage rigide, enfoncez une bande métallique galvanisée à 60 cm de profondeur en complément de la barrière anti-rhizomes classique.
Paillis : les bambous fournissent eux-mêmes leurs feuilles mortes, qu’on peut laisser au pied comme paillage naturel. Renouvelez au besoin chaque automne.
La première année, arrosez copieusement et régulièrement (10 à 15 litres par plant, deux fois par semaine par temps sec). À partir de la deuxième année, un bambou bien installé résiste à des sécheresses de deux à trois semaines sans dégât notable.
