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Le bananier a quelque chose de fascinant au jardin : ses grandes feuilles tropicales, son port architectural, sa croissance rapide en été. En France métropolitaine, il se cultive avec succès à condition de bien choisir l’espèce et de comprendre ses exigences. Les récoltes de fruits restent modestes pour la plupart des variétés cultivables ici – mais comme plante d’ornement, il est difficilement égalé.
Comment faire pousser un bananier à la maison ?
Deux méthodes s’offrent à vous, avec des vitesses de résultat très différentes.
La méthode des rejets est la plus rapide et la plus fiable. Le bananier produit naturellement des rejets (appelés « oeilletons ») à sa base. On les prélève avec une bonne partie des racines quand ils mesurent 30 à 50 cm, et on les replante directement. Résultat : une plante déjà constituée qui reprend rapidement. Si vous connaissez un jardinier qui possède un bananier adulte, c’est la voie à privilégier.
La méthode par graines est longue et incertaine. Les variétés commerciales comme la Cavendish sont des clones stériles sans graines viables. Pour semer, il faut se tourner vers des espèces botaniques (Musa acuminata, Musa balbisiana). Ces graines se trouvent chez des grainetiers spécialisés en plantes tropicales – pas dans les bananes du supermarché. La levée peut prendre de 2 semaines à 3 mois et le taux de germination est variable (parfois 50 % ou moins).
Vécu Chez nous, un semis en mars sous éclairage artificiel à 26 degrés a donné les premières levées au bout de six semaines. Deux tiers des graines ont germé. Le tiers restant n’a jamais levé – c’est la réalité des graines botaniques, il faut en semer plus que nécessaire.
Comment faire une pousse d’un bananier (depuis les graines) ?
Le protocole qui donne les meilleurs résultats :
- Trempage : plongez les graines dans de l’eau tiède (25-30 degrés) pendant 24 à 48 heures. Changez l’eau une fois en cours de trempage.
- Substrat : mélangez 60 % de terreau pour semis avec 40 % de perlite ou de sable grossier. Le substrat doit être parfaitement drainant.
- Semis : placez les graines à 1,5 cm de profondeur, en espaçant de 5 cm si plusieurs dans le même bac. Arrosez avec un brumisateur.
- Température : facteur clé. La germination démarre entre 20 et 25 degrés, s’accélère entre 28 et 30 degrés. En dessous de 18 degrés, les graines restent dormantes. Un tapis chauffant ou une mini-serre chauffante est indispensable en hiver.
- Patience : la levée prend de 2 semaines à 3 mois selon la fraîcheur des graines et la température.
Où se trouve la graine de bananier ?
Dans les bananes de supermarché, les petits points noirs visibles en coupe transversale sont des rudiments de graines non viables – les variétés commerciales sont stériles. Les vraies graines de bananier proviennent d’espèces botaniques sauvages ou semi-sauvages. Elles se présentent sous forme de petites boules noires et dures de 3 à 5 mm de diamètre. On les trouve chez des grainetiers spécialisés en plantes tropicales ou exotiques.
Le bon emplacement au jardin
Le bananier est gourmand en soleil et en chaleur. L’emplacement idéal :
- Exposition sud ou sud-ouest, à l’abri du vent (les grandes feuilles se déchiquettent rapidement dans les rafales)
- Sol profond et riche, bien drainé : le bananier n’aime pas l’eau stagnante autour des racines, mais il a besoin d’une grande réserve hydrique
- Microclimat protégé : un angle de mur, un fond de terrasse, une zone naturellement abritée des gelées
Dans les régions à hivers doux (littoral atlantique, Sud-Ouest, PACA), certaines espèces comme Musa basjoo restent en pleine terre avec une protection hivernale. On peut d’ailleurs associer avec un bambou pour un effet tropical pour renforcer l’ambiance exotique de ce type de massif. Au nord de la Loire, la culture en pot avec rentrée en serre ou en véranda non chauffée (minimum 5 degrés) est plus sûre.
Quelle est la vitesse de pousse d’un bananier ?
C’est l’une des questions qui revient le plus souvent, et la réponse surprend toujours. Le bananier est l’une des plantes les plus rapides en période chaude : dans de bonnes conditions (chaleur, arrosage, fertilisation), il peut gagner 30 à 60 cm par mois en plein été. Une plante issue d’un rejet et plantée en mai peut atteindre 1,5 à 2 mètres de hauteur en septembre.
Depuis un semis, la croissance est plus lente la première année. Les jeunes plants passent plusieurs mois à développer leurs racines avant de réellement « décoller » en feuilles.
Sol, plantation et arrosage
Plantation en pleine terre : creusez un trou de 60 cm de profondeur minimum. Mélangez la terre extraite avec du compost bien décomposé (1/3 compost, 2/3 terre de jardin) et une poignée de corne broyée pour l’azote. Si le sol est argileux, ajoutez une couche de gravier en fond de trou (10 cm) pour le drainage. La plantation se fait de mai à juillet, quand le sol est bien réchauffé.
Pour les régions plus froides ou si vous souhaitez rentrer la plante facilement, cultiver le bananier en jardinière surélevée est une solution pratique qui simplifie beaucoup l’hivernage. Comptez 2 à 3 mètres entre plants si vous en posez plusieurs en pleine terre : le bananier adulte occupe 1,5 à 2 mètres de diamètre.
Arrosage et fertilisation : le bananier consomme énormément en été. Un arrosage tous les 2 à 3 jours par temps chaud, à raison de 10 à 15 litres par pied. Un paillage épais de 15 cm autour du pied réduit considérablement les besoins en eau. Pour la fertilisation, commencez avec un engrais équilibré (10-10-10) en début de saison, puis passez à un engrais riche en potasse (5-5-15) de juillet-août pour durcir les tissus avant l’automne. Les jardiniers qui souhaitent intégrer votre bananier dans un carré potager avec d’autres cultures doivent penser à cet ajustement de fertilisation en fin d’été.
Hivernage : ce qui fait la différence
C’est la période critique en zone tempérée. Quand les températures descendent sous 5 degrés, les tissus foliaires souffrent. En dessous de -2 à -3 degrés, la partie aérienne meurt – mais les rhizomes survivent si le sol ne gèle pas trop profondément.
Pour passer l’hiver en pleine terre (zones tempérées douces uniquement) :
- Coupez les feuilles abîmées par les premières gelées
- Emballez le stipe d’un voile de protection plusieurs fois replié ou d’une couverture de feuilles mortes maintenue par du grillage
- Paillez épais au pied (20 cm de matière organique) pour protéger le rhizome
Au printemps, la reprise se marque par l’émergence de nouvelles feuilles depuis le coeur de la plante. Elle peut prendre du temps – ne pas s’impatienter avant juin. Pour ceux qui aiment les plantes exotiques faciles d’entretien en intérieur pendant cette attente, faire pousser de l’aloe vera est une option gratifiante qui demande peu de soins.
